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Comment favoriser la biodiversité dans les champs cultivés ?

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Tissu vivant de notre planète, la biodiversité est notamment composée des arbres, plantes, mammifères, oiseaux et autres espèces qui contribuent à l’équilibre des écosystèmes. Mais la biodiversité ce n’est pas que la forêt amazonienne, c’est aussi celle de nos prairies, bois, forêts et champs cultivés tout autour de nous, visibles et invisibles. L’équilibre est fragile et la disparition d’une espèce peut  perturber l’ensemble de la chaîne. Les céréaliers sont, comme l’ensemble des Français, sensibles à sa préservation et ils en sont également les acteurs directs. Tour d’horizon des bonnes pratiques qui gagnent les champs français.

L’agriculture, un rôle majeur dans la biodiversité

En France métropolitaine, plus de la moitié du territoire est couverte par des surfaces agricoles. Dans un contexte mondial inédit où environ 1 million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction (en savoir plus), l’agriculture peut contribuer à limiter l’érosion de la biodiversité. Permettant de produire une grande partie de l’alimentation humaine, les écosystèmes agricoles abritent aussi une diversité d’espèces qu’il faut préserver. Travaillant avec le vivant au quotidien, les agriculteurs sont, avec leurs pratiques, en première ligne face à ces enjeux.

Les céréaliers, des acteurs de la biodiversité

La biodiversité est un bien commun sur lequel chaque citoyen a le pouvoir d’agir. Les céréaliers français prennent leurs responsabilités à travers la promotion de bonnes pratiques qui ont fait leurs preuves sur le terrain. Ils ont ainsi répertorié les meilleures d’entre elles issues de retours d’expériences d’une centaine d’agriculteurs et d’avis d’experts. Une collaboration avec l’Office Français de la biodiversité (OFB), l’institution de référence en la matière, leur a permis d’élaborer un guide de référence sur le sujet.

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4 recommandations à la loupe

Ce guide regroupe 9 bonnes pratiques visant notamment à préserver la faune et la flore autour des cultures. A travers 4 d’entre elles, comprenez comment l’aménagement des champs participe à la biodiversité.

1/ Planter les bordures des champs
Situées entre le champ et un chemin ou une route, ces bordures ne servent pas seulement de démarcation. Ce sont aussi des refuges pour les insectes ou les oiseaux. Le guide recommande donc de les conserver en respectant certaines règles comme une largeur minimum d’un mètre, de les semer avec des espèces qui attirent les pollinisateurs et auxiliaires, et bien sûr de limiter les interventions mécaniques ou chimiques pour éviter de détruire, par exemple, les nids de cailles.

2/ Créer des mosaïques de cultures
Du blé à côté du colza et du maïs… Les champs de céréales deviennent des patchworks. Alterner les cultures permet de diversifier les ressources alimentaires pour les oiseaux et autres insectes qui se déplacent selon leurs besoins. Les différentes cultures proposent ainsi une source d’alimentation étalée dans la saison.

3/ Aménager des espaces à l’intérieur des champs
Des haies, buissons, ou bouts de jachères peuvent abriter et nourrir de nombreuses espèces (en savoir plus sur le cycle de culture du blé). Ces éléments peuvent être implantés sur une bande de plusieurs mètres à l’intérieur même des parcelles cultivées.

4/ Couvrir les sols
Saviez-vous que couvrir les sols de plantes ou de mélange de plantes après ou pendant la culture principale avait de nombreux bienfaits ? Les cultures de couverture permettent en effet de maintenir les micro-organismes du sol actifs, des éléments de biodiversité certes invisibles mais indispensables. Ces plantes mobilisent les éléments fertilisants et favorisent l’infiltration de l’eau au printemps. Elles peuvent aussi briser les cycles de certains ravageurs et de maladies.

Pour consulter le guide

« J’ai repensé mon exploitation » : témoignage d’un céréalier des Hauts-de-France

« Passionné par la nature, je voulais avoir une plaine vivante avec une faune et une flore diverses », explique François-Xavier Sainte-Beuve qui a repris l’exploitation familiale en 2015 dans l’Aisne. « Quand mon père la gérait, elle était divisée en grandes parcelles d’une soixantaine d’hectares. Je les ai recoupées en parcelles de 15 à 20 hectares afin de créer des refuges pour la biodiversité par des bandes plantées. Ces dernières représentent désormais environ 2% de la surface totale de l’exploitation », ajoute-t-il. « Conseillé par mon Groupement d’Intérêt Cynégétique (GIC), nous avons expérimenté la plantation de bandes larges pour délimiter les parcelles et nourrir les animaux sauvages : les lièvres mangent par exemple de l’avoine, du chou et du sarrasin. Nous avons aussi planté des fleurs qui attirent des insectes qui pollinisent la parcelle tout en nourrissant les jeunes perdreaux. C’est un cercle vertueux ! ». Quatre ans après les premières plantations, François-Xavier dresse un bilan très positif : « S’il est difficile de quantifier la présence de gibier, nous en voyons beaucoup plus et pour les insectes nous faisons régulièrement des relevés avec une entomologiste [spécialiste de l’étude des insectes]. Au fil des mois, elle constate la présence de plus de papillons, d’abeilles, etc. ».

En diffusant tous ces savoir-faire pour favoriser la biodiversité, les céréaliers s’engagent à continuer à produire des céréales pour nourrir les populations tout en préservant les écosystèmes.

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LE B.A.-BA

  • Tissu vivant de notre planète, la biodiversité est fragile et l’agriculture peut contribuer à limiter son érosion de la biodiversité.
  • Les céréaliers s’engagent à la préserver à travers la diffusion de bonnes pratiques qui visent notamment à respecter la faune et la flore.
  • Parmi ces recommandations figurent l’aménagement des bordures de champs, la couverture des sols et la création de mosaïques de cultures.

 

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