#Terre

Cultiver des céréales, une réponse au défi climatique

Partagez cet article

Selon l’ONU, tous les secteurs économiques ont un rôle crucial à jouer pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C à la fin du siècle, elles devraient diminuer de 7,6 % par an entre 2020 et 2030. Répondre au défi climatique revient aussi à mieux capter ces polluants et les stocker. Si la culture de céréales émet des gaz à effet de serre, elle en absorbe également à travers les plantes et les sols. Comment peut-elle être un pilier d’un futur où la neutralité carbone sera la règle ?

Les céréales et les sols, des poumons verts

Les forêts, les océans, mais aussi les sols sont des puits naturels de carbone (ou poumons verts). Dans le monde, les sols contiennent en effet 2 à 3 fois plus de carbone (ou CO2) que l’atmosphère selon l’INRA.

Les gaz à effet de serre à la loupe
Les principaux gaz à effet de serre sont la vapeur d’eau, le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O) et l’ozone (O3). Le plus important en quantité est le CO2 émis par la nature elle-même (volcan, respiration animale, marais…) ou par les activités humaines. Plus ils sont concentrés dans l’atmosphère, plus ils contribuent à l’effet de serre et au réchauffement climatique.

Comme les sols, les céréales absorbent aussi du CO2. Selon Arvalis, un hectare de blé capte ainsi 4 à 8 fois plus de CO2 qu’il n’en est émis pour le produire. Comment ?
Lorsqu’elles poussent, la photosynthèse permet aux céréales d’absorber le CO2 de l’air pour rejeter de l’oxygène (O2) grâce à l’énergie solaire.
Après la récolte, lorsque la paille et les racines se décomposent, si elles sont laissées dans les champs, elles sont transformées en matière organique par les organismes vivants du sol (bactéries, champignons, vers de terre). Retenue dans le sol, cette matière est un réservoir de carbone et un fertilisant naturel.
Ainsi, lorsqu’ils produisent plus, les céréaliers augmentent la captation de carbone.

Infographie_v1

Comment améliorer l’action des sols ?

Bonne nouvelle : il est possible d’augmenter le stockage de carbone dans les sols ! Lancée fin 2015, lors de la COP 21, l’initiative internationale « 4 pour 1000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat » part du principe que si les sols captaient + 0,4% de carbone par an, ils participeraient activement à la lutte contre le changement climatique. « En changeant le paradigme de notre agriculture au niveau mondial, il est possible d’avoir un impact plus que significatif sur le changement climatique, et même d’inverser la tendance si nous réduisons drastiquement les émissions de tous les secteurs », explique Paul Luu, secrétaire exécutif de 4 pour 1000. Selon lui, trois bonnes pratiques principales sont à favoriser, à adapter selon les régions, le type de climat, de cultures et de sols :

1/ Perturber le moins possible les sols : « composés d’agrégats minéraux, de micro-organismes et d’autres êtres vivants (comme les lombrics), il est important de les labourer le moins possible. Des sols moins dérangés capteront plus de carbone s’ils ne sont jamais nus, ils retiendront mieux l’eau en cas de fortes pluies, mais aussi se réchaufferont moins vite grâce au couvert végétal ». Plusieurs Nouveaux Céréaliers, comme Etienne, sont engagés dans l’agriculture de conservation qui vise justement à réduire le travail du sol.

2/ Faire en sorte que les sols ne soient jamais sans couvert végétal : « cela revient à couvrir le sol avec des cultures secondaires non récoltées entre les cultures principales ».

3/ Favoriser la diversité des cultures : ne pas planter systématiquement la même culture sur la même parcelle mais privilégier les rotations culturales.

« Aujourd’hui, l’initiative « 4 pour 1000 » compte plus de 400 partenaires dans le monde :  pays et provinces, organisations internationales, fondations et banques publiques de développement, ONG, institutions de recherche et d’enseignement, organisations agricoles et entreprises », ajoute Paul Luu. « Nous travaillons à la constitution d’une base de données mondiale qui permettra aux agriculteurs d’être informés des bonnes pratiques en fonction de leur région, du climat et du type de productions », conclut-il.

AdobeStock_245032073

Le B.a.-BA

– La culture de céréales absorbe du carbone à travers les sols et la croissance des plantes
– Des bonnes pratiques comme l’agriculture de conservation permettent d’augmenter l’action des sols en tant que poumon vert.

AdobeStock_314700814

Sur le même sujet