#Fierté

François-Xavier Lévêque, Bourgogne-Franche-Comté

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A 33 ans, François-Xavier a l’assise d’un chef d’entreprise expérimenté. Depuis 2006 il est aux commandes, avec son frère et sa mère, d’une ferme de 450 hectares qui produit des céréales mais aussi des oignons et de la moutarde de Bourgogne (une IGP qu’il contribue à faire vivre). Serein, il n’en reste pas moins très attentif aux évolutions de l’agriculture, et attaché à sa dimension collective.

La question d’être un jour agriculteur ne s’est jamais vraiment posée pour François-Xavier. Après des études supérieures (un BTSA) et une expérience de plusieurs mois dans une ferme australienne, il prend la relève de la ferme familiale en 2006. « Même si mon père n’est plus en activité, il garde un œil sur ce que nous faisons et continue de s’investir. Un agriculteur à la retraite, ça reste rarement à se tourner les pouces ! »

Moderniser, anticiper, s’adapter

Les premières mesures prises par le jeune chef d’exploitation avec ses associés sont la modernisation des outils. Le stockage, l’atelier de mécanique, la zone de remplissage et de nettoyage du pulvérisateur sont mis au goût du jour. Un investissement nécessaire : « on travaille avec des outils de plus en plus performants, et sur des surfaces comme les nôtres, il faut chercher à optimiser l’utilisation du matériel d’un point de vue économique mais aussi pratique ! »

Les bâtiments habitables de la ferme connaissent eux aussi quelques transformations. François-Xavier s’y est installé avec sa compagne, signe de son attachement. « Mes parents vivaient en dehors de la ferme, dans une maison qu’ils avaient construite. Moi, j’ai décidé de réinvestir mon lieu de travail. »

Anticiper est pour François-Xavier une préoccupation majeure. Face aux aléas qu’ils soient d’origine climatique, économique ou sanitaire l’agriculteur a le devoir de s’adapter. Pour lui, l’activité céréalière a de beaux jours devant elle.

« On arrive à un moment où la demande mondiale va excéder l’offre. Cela devrait améliorer notre situation, marquée par plusieurs années difficiles, de changements profonds, et une confiance dans le métier un peu en berne. Il va falloir encore s’adapter et trouver de nouvelles voies d’amélioration. »

François-Xavier, né dans l’ère du digital et des nouvelles technologies accueille avec beaucoup d’enthousiasme les innovations qui changent la face de son métier. Il croit aussi à une réflexion en profondeur sur le modèle agricole au 21ème siècle. « Diversifier les cultures, inventer de nouveaux mécanismes d’assurance et de gestion des risques, climatiques ou financiers, c’est aussi cela s’adapter au monde qui vient. »

« On pérennise et on continue de développer ce qui était là avant nous, et ce depuis des générations. Il faut le faire entendre, et le respecter. »

Faire entendre la voix des agriculteurs

Pour l’heure, il faut aussi penser à ceux et celles qui sont engagés dans une agriculture qui se retrouve au cœur d’enjeux essentiels pour la société. Et François-Xavier voit le monde agricole souffrir de l’image qu’on lui renvoie…

« Nos parents ont toujours répondu présents lors des politiques agricoles successives. Ils se sont adaptés quand il le fallait. Les gens ont tendance à l’oublier mais l’agriculture est extrêmement encadrée. J’exerce mon métier dans un contexte de contraintes que peu de professions connaissent. J’aime ce que je fais et je m’adapte en permanence aux nouvelles techniques, aux nouvelles règles, non sans mal parfois ! » Alors, François-Xavier exprime sa difficulté à comprendre le déferlement médiatique négatif à l’encontre des agriculteurs. « On pérennise et on continue de développer ce qui était là avant nous, et ce depuis des générations. Il faut le faire entendre, et le respecter. »

Faire entendre la voix des agriculteurs, c’est justement la seconde « casquette » de François-Xavier, impliqué au sein des Jeunes Agriculteurs de Côte d’Or. « Je reste fidèle à une dimension collective qui existe en agriculture depuis longtemps. Certains de ma génération se détournent un peu de cette voie, c’est dommage. Il faut raviver l’envie de s’investir dans le monde agricole ; c’est aussi comme cela que l’on retrouvera le chemin de l’optimisme. »

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