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Les cultures, une des solutions contre le réchauffement climatique

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Longtemps perçue comme émettrice de gaz à effet de serre, l’agriculture s’affirme désormais comme l’un des acteurs clé dans la lutte contre le réchauffement climatique. En jouant le rôle de « puits de carbone », les grandes cultures, comme les céréales, le maïs, le colza, ou la betterave, constituent une solution d’avenir qui met les céréaliers au cœur de la lutte contre le réchauffement climatique.

Depuis 1900, la température globale de la planète a augmenté de 0,89 °C. Et cette hausse pourrait atteindre les 4° d’ici 2100 d’après le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC). Face à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, la lutte contre le réchauffement climatique est devenue une priorité politique des Etats et des acteurs du secteur privé. Les scientifiques s’accordent sur l’urgence d’atteindre d’ici 60 ans zéro émissions nettes à l’échelle planétaire, seul moyen de limiter le réchauffement à +1,5°C. Et pour ce faire, les grandes cultures ont leur rôle à jouer : elles captent le carbone atmosphérique via la photosynthèse. Mais, concrètement, comment cela fonctionne-t-il ?

Augmenter le rendement et la couverture végétale

« Les végétaux utilisent l’énergie solaire pour capter le CO² disponible dans l’air et fabriquer de la matière végétale : la biomasse. C’est le principe de photosynthèse. », explique Dominique Rousseau, céréalier dans la Sarthe. Une fois la récolte effectuée, les pailles restantes sont incorporées dans le sol et se décomposent en humus, gage de fertilité et réservoir carbone. Ainsi, d’après Arvalis, l’institut du végétal, 1 ha de blé ou de maïs capte 4 à 8 fois plus de CO² qu’il n’en est émis pour le produire ! Le bilan carbone de la production céréalière s’avère ainsi positif et, surtout, plus le rendement augmente, plus la quantité de carbone stockée dans le sol est importante. « Un hectare de maïs capte plus de carbone qu’un hectare de forêt. Augmenter les rendements c’est s’assurer que l’on capte davantage de CO² », ajoute Dominique Rousseau.

D’où l’importance de développer la production et les rendements : en dix ans, grâce au progrès génétique et aux pratiques culturales, le rendement a augmenté d’une tonne de grain supplémentaire par hectare soit 220 kg d’équivalent CO²/ha. Autre levier pour améliorer la captation carbone des grandes cultures : augmenter la couverture végétale. Il s’agit de couvrir en permanence le sol entre cultures principales pour réalimenter le stock d’humus. « J’ai effectué mon premier bilan carbone il y a 15 ans et, déjà à l’époque, je mettais en avant la formidable capacité des grandes cultures à capter du carbone. Aujourd’hui, ce potentiel est enfin identifié par les pouvoirs publics et le marché ».

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Un programme d’envergure mondiale

L’agriculture est donc désormais vue comme partie intégrante de la solution face au réchauffement climatique, comme l’illustre le lancement du programme mondial « 4 pour 1 000 » de séquestration carbone dans les sols, lors de la COP21 de Paris. Cette initiative internationale, qui associe chercheurs, gouvernements et acteurs du secteur agricole, a pour objectif de promouvoir ce processus afin d’atteindre une augmentation de 0,4 % par an (soit 4 pour 1 000) de la quantité de carbone dans les sols afin de stopper l’augmentation annuelle de CO2 . Depuis son lancement, plus de 250 organisations ont déjà apporté leur soutien à l’initiative en signant la déclaration de Paris qui en fixe les objectifs.

Et avec les 14 millions d’hectares consacrés aux grandes cultures de son territoire, la France compte bien faire partie des moteurs de cette dynamique. En 2015, les calculs des céréaliers français indiquent, qu’en France, cette surface agricole pompe annuellement dans l’atmosphère 290 millions de tonnes d’équivalent CO2, soit près de 7,5 fois les tonnes émises du fait de la fertilisation, de la consommation de carburants et, indirectement, de la fabrication des produits et matériels utilisés par les exploitants. Une gigantesque pompe à carbone que les céréaliers entendent bien mettre au service de la lutte contre le réchauffement climatique. « Nous sommes tous conscients du rôle que nous jouons dans cette dynamique et nous sommes fiers d’apporter notre pierre à l’édifice ! », conclut Dominique Rousseau.

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Le B.A.-BA

  • Les grandes cultures permettent, via la photosynthèse, de séquestrer du carbone dans les sols et d’éviter qu’il ne se diffuse dans l’atmosphère.
  • Les Etats ont décidé de miser sur cette solution via le programme international « 4 pour 1 000 », pour lutter contre le réchauffement climatique.
  • La France, avec ses 14 millions d’hectares de grande culture, est un moteur de ce processus.
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